Commercialisée exclusivement au Japon à partir du 23 septembre 1994, la Playdia est une console multimédia développée par Bandai, sous le nom initial de projet BA-X. Présentée comme un système de divertissement interactif destiné principalement aux enfants, elle repose sur un lecteur de CD-ROM et une architecture utilisant des microcontrôleurs 8 bits, notamment des composants NEC et Toshiba, associés à des circuits spécialisés pour le traitement de l'image et du son. Contrairement aux consoles concurrentes qui cherchent à développer les graphismes en trois dimensions, la Playdia privilégie la lecture de séquences vidéo et l'interaction avec des contenus audiovisuels. Elle utilise une manette sans fil à infrarouge, alimentée par piles et pouvant être rangée directement dans le boîtier de la machine. Ses commandes simples permettent de choisir des réponses, de sélectionner des scènes ou de faire progresser une histoire à l'écran. Bandai commercialise l'appareil au prix de 24 800 yens et le présente sous l'appellation Quick Interactive System, ou QIS. Son catalogue repose principalement sur les licences de divertissement et d'animation japonaises, plutôt que sur les genres traditionnels du jeu vidéo. La commercialisation de la Playdia s'achève en 1996, alors que Bandai s'engage parallèlement dans d'autres projets multimédias, notamment la Pippin développée en partenariat avec Apple.
La ludothèque de la Playdia est essentiellement constituée de dessins animés interactifs, de quiz et de programmes éducatifs distribués sur CD-ROM. Les jeux utilisent fréquemment des séquences d'animation préenregistrées, entre lesquelles le joueur effectue des choix à l'aide de la télécommande infrarouge. Plusieurs productions exploitent les grandes licences associées à Bandai, notamment Dragon Ball Z, Sailor Moon, Gundam et Ultraman. Dragon Ball Z: Shin Saiyajin Zetsumetsu Keikaku est ainsi proposé en deux épisodes, consacrés respectivement à la Terre et à l'espace, tandis que Sailor Moon S: Quiz Taiketsu! Sailor Power Kesshū!! associe questions et séquences animées. D'autres titres, comme SD Gundam Daizukan, prennent davantage la forme d'encyclopédies interactives, et les programmes Newton Museum présentent des contenus pédagogiques consacrés notamment aux dinosaures. La plateforme accueille également des productions autour de Hello Kitty et des émissions ou personnages populaires auprès du jeune public japonais. L'interactivité reste généralement fondée sur des choix ponctuels plutôt que sur le contrôle continu d'un personnage, ce qui rapproche davantage ces logiciels du dessin animé à embranchements que du jeu d'action classique. La Playdia témoigne ainsi d'une approche particulière du CD-ROM dans les années 1990, où les licences audiovisuelles, l'éducation et la participation du spectateur occupent une place centrale dans la conception des programmes.
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