Présenté en décembre 1964 par la société américaine Digital Equipment Corporation, le PDP-7, abréviation de Programmed Data Processor-7, appartient à la première génération de mini-ordinateurs destinés aux laboratoires scientifiques, aux universités et aux entreprises ayant besoin de capacités de calcul interactives sans investir dans un ordinateur central de très grande taille. Successeur du PDP-4 et héritier de certaines caractéristiques du PDP-1, il constitue la troisième machine de la gamme 18 bits de DEC. Les premières livraisons interviennent à la fin de l'année 1964, tandis qu'une évolution appelée PDP-7A apparaît en 1965. L'ordinateur repose sur une architecture à mots de 18 bits et sur des circuits électroniques à transistors, avec une mémoire principale à tores magnétiques. Sa configuration de base comprend 4 096 mots de mémoire, soit environ 9 kilo-octets si l'on exprime cette capacité en octets modernes, et certaines installations peuvent bénéficier d'extensions importantes. Son cycle mémoire est de l'ordre de 1,75 microseconde, permettant un traitement rapide des opérations élémentaires pour une machine de cette catégorie. Le PDP-7 utilise des modules électroniques DEC et s'inscrit dans l'évolution vers les cartes logiques Flip Chip, particulièrement associées à sa variante PDP-7A. Son équipement varie selon les installations et peut comprendre un téléimprimeur, un lecteur et une perforatrice de bande papier, des lecteurs de bandes magnétiques DECtape, ainsi que des interfaces spécialisées pour les instruments scientifiques. Le DECtape représente une innovation importante dans cette famille de machines, car il permet un accès organisé aux blocs de données enregistrés sur bande magnétique, contrairement à la lecture strictement séquentielle de nombreux dispositifs antérieurs. DEC propose notamment l'environnement DECsys, qui facilite l'exploitation de ce support et la gestion des programmes. Certains PDP-7 sont également équipés de dispositifs d'affichage graphique capables de représenter des points et des figures sur un tube cathodique. Ces équipements ne sont toutefois pas présents sur tous les exemplaires : le PDP-7 est avant tout un ordinateur configurable pour les besoins particuliers de ses utilisateurs, et non une machine dotée d'un écran graphique standardisé. Son prix de lancement est d'environ 72 000 dollars, un montant considérable mais inférieur à celui de nombreux grands systèmes informatiques contemporains. Au total, DEC commercialise environ 120 exemplaires des PDP-7 et PDP-7A, employés notamment pour l'acquisition de données, le contrôle d'expériences, les calculs scientifiques et le développement de logiciels. La machine acquiert une importance historique exceptionnelle en 1969, lorsqu'un exemplaire relativement peu utilisé des laboratoires Bell devient le support des premières expérimentations qui conduiront à la naissance du système d'exploitation Unix. Les travaux menés sur ce PDP-7 par Ken Thompson, Dennis Ritchie et leurs collègues transforment ainsi un ordinateur scientifique de milieu des années 1960 en l'un des équipements les plus célèbres de l'histoire des systèmes d'exploitation.
L'histoire vidéoludique du PDP-7 est principalement liée à Space Travel, une simulation spatiale développée en 1969 par Ken Thompson aux laboratoires Bell. Contrairement à Spacewar!, créé plusieurs années auparavant sur le PDP-1 et centré sur un affrontement entre deux vaisseaux, Space Travel propose une expérience solitaire d'exploration du Système solaire. Le joueur pilote un engin spatial représenté dans un environnement graphique bidimensionnel et peut voyager entre les planètes et leurs satellites, modifier sa trajectoire, ajuster sa vitesse et tenter de se poser sur différents corps célestes. Le programme représente les astres à des échelles adaptées à la simulation et prend en compte certains effets gravitationnels pour déterminer le déplacement du vaisseau. Il ne comporte pas de scénario narratif développé, de combat obligatoire ou de condition de victoire traditionnelle : son intérêt réside dans l'expérimentation des mouvements et des possibilités de navigation. Thompson réalise d'abord le jeu dans l'environnement Multics, puis l'adapte en FORTRAN pour le système GECOS d'un ordinateur General Electric. Cette version pose cependant plusieurs difficultés. Les commandes textuelles rendent le pilotage peu pratique, l'affichage manque de fluidité et l'utilisation du grand ordinateur entraîne des coûts internes pouvant atteindre environ 75 dollars par partie. Thompson découvre alors qu'un autre département des laboratoires Bell possède un PDP-7 peu utilisé, équipé d'un système d'affichage graphique particulièrement intéressant. Avec Dennis Ritchie, il entreprend de réécrire Space Travel pour cette machine. Le portage nécessite de développer plusieurs composants techniques, notamment des routines de calcul en virgule flottante, des procédures de représentation graphique et des outils de débogage. Les premières versions sont préparées sur l'ordinateur General Electric à l'aide d'un assembleur croisé, puis transférées sur le PDP-7 au moyen de bandes de papier perforées. Cette méthode s'avère fastidieuse et incite Thompson à rechercher une solution plus autonome. En s'appuyant notamment sur des réflexions menées avec Ritchie et Rudd Canaday, il entreprend de construire un système de fichiers, puis ajoute progressivement des mécanismes de gestion des processus, des utilitaires, un interpréteur de commandes et un assembleur capable de fonctionner directement sur le PDP-7. Ces développements constituent les fondations du système qui recevra ensuite le nom d'Unix. Il serait toutefois inexact de présenter Space Travel comme un jeu initialement conçu pour Unix : le jeu précède la création de ce système et son adaptation au PDP-7 contribue précisément à déclencher les travaux qui permettront son apparition. L'intérêt ludique de la machine ne se limite pas entièrement à cette simulation. Les archives des premières versions d'Unix conservées et étudiées par le Computer History Museum comprennent également des listings d'un programme de morpion, identifié sous le nom Tic Tac Toe, ainsi que d'autres fichiers dont la fonction exacte reste parfois incertaine. Cette documentation montre que les premières expérimentations logicielles du PDP-7 incluent aussi des activités récréatives, même si elles ne constituent pas une ludothèque commerciale. Space Travel ne connaît pas de diffusion grand public comparable à celle des jeux sur micro-ordinateurs et son influence directe sur les genres vidéoludiques ultérieurs demeure limitée. Son importance historique est néanmoins considérable : il représente un exemple particulièrement frappant d'un jeu ayant stimulé le développement d'outils de programmation et contribué indirectement à la création d'un système d'exploitation majeur. Le PDP-7 occupe ainsi une place singulière à la rencontre de l'histoire du jeu informatique, de la simulation scientifique et des origines d'Unix.
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Space Travel was an early computer game for Unix that simulated travel in the solar system.