Commercialisé au Japon en 1980 sous le nom de VIC-1001, puis en Amérique du Nord et en Europe à partir de 1981, le Commodore VIC-20 marque une étape décisive dans la démocratisation de la micro-informatique. Sous l'impulsion de Jack Tramiel, Commodore cherche à proposer un véritable ordinateur familial à un prix suffisamment accessible pour concurrencer non seulement les autres micro-ordinateurs, mais aussi les consoles de jeux. Contrairement au PET, davantage destiné aux établissements scolaires et aux professionnels, le VIC-20 se raccorde à un téléviseur et s'adresse directement aux foyers. Il repose sur un processeur MOS Technology 6502 cadencé à environ 1 MHz, dispose de 5 Ko de mémoire vive, dont seulement 3,5 Ko environ sont disponibles pour les programmes BASIC, et utilise une puce VIC assurant l'affichage couleur et la production sonore. Son écran limité à 22 caractères par ligne impose des contraintes importantes, mais ses capacités dépassent celles de nombreux ordinateurs économiques de la génération précédente. Les programmes peuvent être chargés depuis des cassettes à l'aide du lecteur Datasette de Commodore, depuis des cartouches ou, avec un équipement supplémentaire, depuis des disquettes 5 pouces 1/4. Des extensions de mémoire permettent également d'accueillir des logiciels plus ambitieux. La machine est commercialisée sous le nom de VC-20 en Allemagne, tandis que la version japonaise VIC-1001 possède notamment un jeu de caractères adapté au marché local. Commodore mise sur une distribution dans les grands magasins et les boutiques de jouets, accompagnée de campagnes publicitaires mettant en scène William Shatner, célèbre interprète du capitaine Kirk dans Star Trek. Le VIC-20 devient le premier ordinateur à dépasser le million d'exemplaires vendus et ouvre la voie au succès encore plus considérable du Commodore 64, lancé en 1982.
Malgré sa mémoire très limitée, le Commodore VIC-20 accueille une ludothèque variée, comprenant des jeux d'arcade, de plateforme, de réflexion et d'aventure. Les cartouches occupent une place importante dans son catalogue : elles permettent de lancer les jeux immédiatement, sans attendre le chargement d'une cassette, et peuvent contenir du code en mémoire morte sans mobiliser la faible quantité de mémoire vive disponible. Parmi les titres marquants figurent Gorf, Omega Race, Jupiter Lander, Radar Rat Race et Sword of Fargoal, un jeu d'exploration de donjons qui annonce certaines caractéristiques des jeux de rôle et d'aventure procéduraux. Le VIC-20 bénéficie aussi de nombreuses adaptations de jeux d'arcade et de créations réalisées par de petits studios ou des programmeurs indépendants. Ses limites techniques encouragent une programmation particulièrement ingénieuse, où chaque octet compte et où les caractères graphiques sont souvent détournés pour représenter des personnages, des décors ou des animations. Comme sur le ZX81 et d'autres ordinateurs familiaux de l'époque, les magazines informatiques publient des listings BASIC que les lecteurs peuvent recopier pour obtenir gratuitement de petits jeux et découvrir les principes de la programmation. Cette culture du partage et de l'expérimentation contribue à transformer de simples utilisateurs en créateurs. La sortie du Commodore 64 réduit progressivement la place commerciale du VIC-20, dont la production prend fin au milieu des années 1980, mais la machine conserve une importance historique considérable. Elle démontre qu'un ordinateur peut devenir un produit de grande consommation, vendu aux côtés des jouets et des consoles, tout en offrant la possibilité d'apprendre à programmer et de créer ses propres jeux.
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