Commercialisée en août 1982 en Amérique du Nord, puis distribuée en Europe, la ColecoVision est une console de salon conçue par Coleco, une entreprise américaine déjà présente sur le marché des jeux électroniques. Elle cherche à se démarquer de l'Atari 2600 et de l'Intellivision en proposant des adaptations de jeux d'arcade particulièrement fidèles pour l'époque. Son architecture repose sur un processeur Zilog Z80 et des circuits graphiques et sonores proches de ceux utilisés dans certains ordinateurs et bornes d'arcade contemporains. Elle peut notamment afficher seize couleurs et des graphismes plus détaillés que ceux de nombreuses consoles concurrentes. Ses manettes combinent un petit manche directionnel, deux boutons latéraux et un pavé numérique pouvant recevoir des caches propres à chaque jeu. Mais l'une des particularités les plus audacieuses de la ColecoVision est son Expansion Module No. 1, un adaptateur permettant d'utiliser les cartouches de l'Atari 2600. Cette compatibilité avec le catalogue d'une console concurrente provoque un conflit juridique avec Atari, finalement réglé par un accord. Coleco tente également d'étendre les possibilités de sa machine avec l'Adam, un ordinateur familial commercialisé en 1983, qui peut fonctionner comme une extension de la ColecoVision ou comme un système autonome. Toutefois, son prix, ses problèmes de fiabilité et des difficultés de lancement compromettent rapidement ce projet. Après un démarrage commercial prometteur, la console subit les conséquences de la crise du jeu vidéo nord-américain de 1983, et Coleco abandonne progressivement ses activités dans ce secteur au milieu des années 1980.
La ColecoVision doit une grande partie de sa réputation à Donkey Kong, adaptation du célèbre jeu d'arcade de Nintendo fournie avec la console lors de son lancement. À une époque où les versions domestiques présentent souvent des différences importantes avec les bornes originales, cette adaptation constitue un argument commercial décisif. Coleco obtient également des licences pour plusieurs succès des salles d'arcade, notamment Zaxxon, Venture, Lady Bug, Mouse Trap et Turbo. Ces titres contribuent à donner à la machine une identité fortement associée à l'arcade, même si les adaptations doivent composer avec certaines limites techniques. Son catalogue accueille aussi des jeux comme Smurf: Rescue in Gargamel's Castle, qui met en scène les Schtroumpfs dans un jeu de plateformes, ou Antarctic Adventure, développé par Konami. La stratégie de Coleco repose ainsi sur des licences reconnaissables et sur la promesse de retrouver chez soi une expérience proche de celle des salles de jeux. Malgré une carrière relativement courte, la ColecoVision marque l'histoire des consoles par la qualité de plusieurs de ses adaptations, par son succès initial et par ses tentatives inhabituelles d'élargir sa ludothèque grâce à des extensions matérielles. Elle demeure l'une des machines emblématiques de la période précédant la domination de Nintendo sur le marché nord-américain.
Ajoute un jeu à ta liste d'envie, note-le, commente-le ou partage ton expérience en rédigeant ta propre critique.