Commercialisée en Europe à l'automne 1990, l'Amstrad GX4000 est la première et unique console de salon développée par le constructeur britannique Amstrad, dirigé par Alan Sugar. Après le succès de ses micro-ordinateurs CPC, la société tente de s'imposer sur le marché des consoles de jeux, alors dominé par Nintendo et Sega. La GX4000 repose sur une architecture très proche de celle des Amstrad CPC 464 Plus et 6128 Plus, commercialisés à la même période. Elle conserve un processeur Zilog Z80A à 4 MHz, mais bénéficie des améliorations graphiques de la gamme Plus, notamment une palette de 4 096 couleurs, des sprites matériels et des fonctions de défilement plus évoluées. Contrairement aux ordinateurs CPC, la console ne possède ni clavier ni lecteur de cassettes ou de disquettes : les jeux sont distribués exclusivement sur cartouches, ce qui permet un démarrage immédiat et évite les longs temps de chargement familiers aux utilisateurs de micro-ordinateurs. Son boîtier blanc aux formes arrondies, ses deux ports pour manettes et ses possibilités de raccordement à un téléviseur témoignent de sa volonté de rivaliser directement avec les consoles de salon. La GX4000 est notamment commercialisée au Royaume-Uni, en France et dans plusieurs autres pays européens, mais elle arrive dans un contexte particulièrement difficile. La Mega Drive de Sega et la Super Nintendo, lancée au Japon en 1990 avant son arrivée européenne, représentent une nouvelle génération de machines, tandis que la NES et la Master System disposent déjà de catalogues considérables et d'une forte présence commerciale. Malgré son prix de lancement relativement accessible, la GX4000 peine à convaincre les joueurs et les éditeurs, et sa commercialisation prend rapidement fin.
La ludothèque de l'Amstrad GX4000 reste limitée à une trentaine de jeux commercialisés, dont plusieurs sont également disponibles sur les CPC Plus. Parmi les titres les plus connus figurent Burnin' Rubber, jeu de course fourni avec la console, Pang, adaptation du célèbre jeu d'arcade de Mitchell, et Robocop 2, qui exploite les capacités graphiques améliorées de la machine. Des productions comme Switchblade, Navy Seals, Batman: The Movie, Barbarian II ou Dick Tracy complètent un catalogue dominé par l'action, la plateforme et les adaptations de licences populaires. Certains jeux bénéficient d'améliorations visuelles par rapport à leurs versions CPC classiques, notamment grâce aux sprites matériels et à la palette étendue, mais d'autres restent proches de productions déjà connues sur micro-ordinateur. La GX4000 souffre également du prix relativement élevé de ses cartouches et d'un soutien limité des éditeurs, qui privilégient progressivement les consoles Nintendo et Sega ainsi que les ordinateurs 16 bits comme l'Amiga et l'Atari ST. Sa proximité technique avec les CPC Plus, pensée pour faciliter les adaptations de jeux, ne suffit pas à constituer une ludothèque assez importante pour soutenir durablement la console. Malgré cette carrière commerciale très courte, la GX4000 conserve une place intéressante dans l'histoire du jeu vidéo européen : elle illustre la tentative d'un constructeur de micro-ordinateurs de s'adapter à la transformation du marché, au moment où les consoles à cartouches gagnent du terrain face aux ordinateurs familiaux. Elle reste aujourd'hui appréciée des collectionneurs et des passionnés d'Amstrad, tandis que de nouvelles créations amateurs continuent de faire vivre son architecture.
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