Commercialisé en Europe à partir de septembre 1993, l'Amiga CD32 est la dernière console de jeux lancée par Commodore. Présentée comme l'une des premières consoles 32 bits à lecteur CD-ROM du marché européen, elle reprend l'essentiel de l'architecture de l'Amiga 1200, avec un processeur Motorola 68EC020, 2 Mo de mémoire vive et les circuits graphiques AGA. Elle abandonne toutefois le clavier et le lecteur de disquettes au profit d'un boîtier de console, d'un lecteur CD-ROM double vitesse et d'une manette à plusieurs boutons. Le support CD permet de proposer des jeux plus volumineux, des musiques enregistrées et des séquences vidéo, tandis que la puce Akiko intègre notamment une fonction facilitant certaines opérations graphiques. La CD32 peut également lire les CD audio et, avec un module optionnel, les Video CD. Commodore espère ainsi transformer la technologie Amiga en une console de salon capable de rivaliser avec les machines de Sega et Nintendo, mais aussi avec les nouveaux systèmes utilisant le CD-ROM. Des extensions comme le SX-1 permettent même d'ajouter un clavier, de la mémoire et des périphériques pour rapprocher la console d'un ordinateur Amiga. Malgré ces possibilités, la CD32 arrive à un moment difficile pour Commodore, dont les problèmes financiers limitent rapidement sa distribution et son développement. La faillite de l'entreprise en avril 1994 interrompt sa carrière après seulement quelques mois, avant qu'elle ait pu s'imposer durablement sur le marché.
La ludothèque de l'Amiga CD32 s'appuie largement sur celle des ordinateurs Amiga, avec des adaptations sur CD-ROM de jeux déjà connus, parfois enrichies de nouvelles musiques ou de séquences de présentation. Parmi les titres marquants figurent Zool 2, Banshee, Super Stardust, Simon the Sorcerer et Alien Breed: Tower Assault, tandis que certains jeux exploitent plus directement les possibilités du support CD. Cette proximité avec l'Amiga 1200 facilite le travail des éditeurs, mais elle contribue aussi à limiter l'identité propre de la console : de nombreuses productions restent très proches de leurs versions sur disquettes et n'utilisent pas pleinement les possibilités du nouveau format. La manette constitue par ailleurs une contrainte pour les jeux initialement conçus autour du clavier et de la souris. Face à une concurrence déjà bien installée et à l'arrivée prochaine de nouvelles consoles, la CD32 ne bénéficie ni du temps ni des moyens nécessaires pour constituer un catalogue véritablement distinctif. Elle conserve néanmoins un intérêt historique particulier : dernière tentative de Commodore dans le jeu vidéo sur console, elle représente aussi l'aboutissement de l'évolution des Amiga classiques vers le CD-ROM. Sa courte existence et ses liens étroits avec l'Amiga 1200 en font aujourd'hui une machine singulière dans l'histoire des consoles des années 1990.
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